Viral ou mémorable?
Prenons encore une fois une boulangerie.
Imaginons une boulangerie située dans une commune bruxelloise. Elle publie deux vidéos complètement différentes.
La première explose. Elle est reprise par l’algorithme et atteint 100 000 vues en Belgique.
La deuxième fonctionne beaucoup moins fort : 1 000 vues seulement. Mais cette fois, une grande partie des personnes qui la voient vivent dans la commune de la boulangerie ou dans les quartiers voisins.
Moins de vues peut parfois signifier de meilleurs résultats.
Une entreprise locale n’a pas nécessairement besoin d’être connue dans toute la Belgique. Et encore moins à l’international.
Elle a surtout besoin que les personnes qui vivent, travaillent ou passent régulièrement autour d’elle commencent à connaître son nom, son univers et ce qu’elle propose.
Une audience plus petite mais beaucoup plus pertinente peut donc être extrêmement intéressante.
Évidemment, cela ne veut pas dire qu’une vidéo virale est une mauvaise nouvelle. Si demain une publication atteint plusieurs centaines de milliers de personnes, tant mieux.
Simplement, la viralité n’est pas une finalité.
Peut-on garantir qu’une vidéo va devenir virale ?
Non.
Les plateformes décident en grande partie de la diffusion d’un contenu grâce à leurs algorithmes. On peut travailler l’accroche, le montage, le sujet, le rythme, le format ou encore le moment de publication afin d’augmenter les chances qu’un contenu fonctionne.
Mais personne ne contrôle complètement sa diffusion.
Parce qu’au fond, le plus important est d’être mémorable.
Une personne peut regarder cinquante vidéos dans la même journée et n’en retenir pratiquement aucune.
C’est là que se trouve probablement l’un des plus grands défis de la communication sur les réseaux sociaux : ne pas simplement être vu, mais être retenu.
Et pour cela, un joli montage ou une image parfaitement éclairée ne suffisent pas toujours.
Faire ressentir quelque chose.
Faire sourire, intriguer, donner envie, surprendre ou toucher. Une émotion donne beaucoup plus facilement une place au contenu dans notre mémoire.
Montrer les personnes.
Un visage, une personnalité, une manière de parler ou une histoire permettent progressivement de créer une relation beaucoup plus humaine avec une entreprise.
Donner une raison de s’en souvenir.
Pourquoi cette entreprise existe-t-elle ? Qui se cache derrière ? Pourquoi fait-elle les choses différemment ? Une histoire donne du sens à ce que l’on regarde.
Créer une identité reconnaissable.
Un lieu, une ambiance, des couleurs, une façon de filmer ou une personnalité peuvent progressivement devenir associés à la marque.
Les gens ne doivent pas seulement savoir que vous existez. Ils doivent avoir une raison de venir.
Pour notre boulangerie, cette raison peut être très simple : « ça a l’air incroyablement bon ».
Mais elle peut aussi être complètement différente.
Peut-être que le boulanger apparaît régulièrement devant la caméra. Peut-être qu’il raconte comment il travaille. Peut-être qu’il montre ses ratés autant que ses réussites. Peut-être que l’entreprise possède une histoire familiale particulière.
Petit à petit, on ne voit alors plus simplement « une boulangerie ». On reconnaît cette boulangerie.
Et ça ne concerne pas seulement les commerces.
Prenons maintenant quelqu’un qui vend du conseil ou du consulting. Dans ce cas, montrer simplement le produit n’est évidemment plus suffisant : la personne elle-même devient une partie de la communication.
Elle doit pouvoir transmettre quelque chose. Une expertise, une manière de réfléchir, une vision ou simplement une personnalité avec laquelle les gens ont envie de travailler.
Le décor compte également. La manière de filmer compte. Les personnes avec lesquelles elle échange comptent. Les sujets abordés comptent.
L’ensemble construit progressivement une perception.
Alors, faut-il arrêter de vouloir faire des vues ?
Évidemment que non.
Une forte visibilité reste une excellente chose et une vidéo virale peut permettre à une entreprise d’être découverte extrêmement rapidement.
Mais le nombre affiché sous une publication ne doit pas devenir l’unique indicateur de réussite.
Il faut aussi regarder qui a vu le contenu, où se trouvent ces personnes, si elles correspondent au public recherché et surtout ce qu’elles vont retenir après avoir fermé leur téléphone.